Seneclic

Que restera-t-il du Sénégal ?

Sans doute les mots les plus préoccupants qu’il me soit donné de coucher sur un papier. Seule ma nation, sans doute peut me faire cet effet. Ce pays que j’affectionne tant me donne tant de questionnements.

Les Sénégalais du Sénégal disent à l’humanité que nous sommes la nation de la Téranga. La téranga étant l’acte du don. Le don pour marquer notre ouverture d’esprit envers l’autre et la volonté de paix qui matérialise notre apport à l’humanité.

Au moment où j’écris cette note je suis profondément blessé dans ma fierté. Notre fierté à nous tous en tant que fils et fille de la nation, celle que nous exprimons par l’unité d’un peuple, celle de la poursuite de notre but d’épanouissement, avec, en bandoulière, la foi au combat pour le bien et contre le mal.

En écrivant ses lignes, je suis perturbé par mes soupirs et inspiré par la clameur qui s’élève au pays de la Téranga et qui n’a rien d’apaisant.
Je me demande où sont l’amour, la fraternité, l’honnêteté, la bravoure et la dignité dans le combat pour la nation. Je me demande si le bien, la solidarité, l’émulation et la compassion sont toujours la pierre angulaire de notre projet de société.

Au pays de la téranga, les fils et filles de la nation ne se font plus de téranga entre eux. La vérité des faits, le projet d’avenir, la préservation des valeurs et la sacralité de l’humain dans sa dignité sont absents de nos marchés, de nos places publiques, de nos lieux de travail et de nos espaces associatifs et cultuels.
Sommes-nous toujours le vrai type de sénégalais : sage, bon, ouvert, pacifique et profondément travailleur et ancrés dans nos valeurs des terroirs ?

Que restera de l’âme du Sénégal, si les hommes et les femmes s’accusent, s’éloignent et se méfient l’un de l’autre ? Si le premier se méfie au lieu de protéger et l’autre dans sa souffrance, blesse par la peur, alors que restera de notre nation ?
Que restera-t-il de l’âme de notre nation si les enfants, les ordures et les animaux partagent l’espace public ?

Que restera-t ‘il de l’âme de notre nation si nos cultes sont opposés, vidés et remplacés par des principes vides de toute spiritualité, africanité et divinité.
Que restera-t ’il de l’âme de cette nation de la teranga quand la justice est accusée et que l’usage de la force et de la ruse sont une norme sociale importée depuis nos arènes de lutte ?
Que restera t’il de l’âme du pays de la téranga si les représentants du peuple, de la loi et l’ordre trahissent leur parole et engagement à tel point que la valeur de la parole d’un sénégalais ne vaut absolument plus rien pour l’autre sénégalais ?
Si le Sénégal perd son âme, est-ce que le matériel et le plaisir suffiront à animer les hommes de bien dans le combat contre le mal ?
Mes cher(e)s compatriotes, j’ai le profond sentiment que nous sommes à l’agonie. Nous ne pouvons laisser le Sénégal se déposséder de son âme et de ce qui fait sa splendeur.

Cette splendeur embrasée jadis par la justice, la fraternité, la solidarité, la liberté, le travail et la sagesse, est en train de se faner et s’éteindre.
Mes cher(e)s compatriotes, notre âme se meurt et la peur du sénégalais par le sénégalais en est la cause profonde !
MBF ! xamxam du péxè !

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