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Sonko-Adji Sarr : entre procès juridique, procès politique et procès moral.

Vu sous l’angle de la justice, pour une affaire qui oppose deux citoyens sénégalais, on pourrait dire que c’est prématuré de se prononcer sur une affaire pendante. Cependant, comme les procès verbaux des auditions sont sur la place publique, on ne peut s’empêcher d’avoir une idée plus ou moins claire sur l’affaire, en attendant le procès. Maintenant, à la lumière des contradictions notées sur les auditions de part et d’autre, force est de se poser un certain nombre de questions sur ce supposé viol, où le certificat médical n’atteste pas de lésions vulvaires, ou aucun « témoin » ne corrobore la thèse à cause de plusieurs éléments, dont la crédibilité de la présumée victime, qui balaient d’un revers de main cette histoire à dormir debout.

Quand Nafissatou Diallo avait accusé DSK, rien que le fait qu’elle ait menti sur sur sa demande d’asile, prétendant qu’elle aurait été violée par des militaires, n’avait pas plaidé en sa faveur, donc la crédibilité de la victime à tout son sens dans ce procès juridique. Rien que le fait d’avoir assumé la paternité de la rédaction de la plainte est une grosse insulte à l’intelligence de tous les intellectuels et des juristes en particulier. Je demeure convaincu qu’Adji Sarr herself ne sait pas le contenu de la plainte, sinon elle n’aurait pas affirmé durant son audition que Sonko n’a pas son numéro et ne l’a jamais contacté, alors que sur la plainte elle y inscrit avoir reçu un message écrit de Sonko.

C’est bizarre non! D’accord, on veut bien lui accorder une présomption de bonne foi, mais faudrait dire qu’elle ne nous aide pas en ce sens, surtout quand elle ajoute l’histoire de menace de mort avec deux armes, comme pour soutenir la condition de la menace dans une affaire de viol comme le définit notre code pénal. Cela pourrait faire penser que ce scénario a été ficelé par un juriste et la plainte qui vise les articles de ce même code pourrait bien le confirmer. Oops, j’oublie qu’il y’a une avocate qui a été citée dans l’affaire. C’est là où la politique entre en jeu dans cette affaire que certains qualifient de « civile », car dès l’instant qu’un responsable politique de la mouvance présidentielle et cette avocate ont été citées dans cette enquête, on est en droit de se demander pourquoi la Section de Recherche n’a pas orienté l’enquête vers cette piste, en n’écartant pas la thèse du complot. Les spécialistes parlent d’enquête à charge et à décharge.

Je leur laisse le soin d’apprécier cela. J’oublie encore que la SR a été dessaisie, par qui, par le procureur. C’est dommage c’est là où c’était devenu croustillant, mais malheureusement comme on dit quand la politique entre par la porte, le droit sort par la fenêtre.
👉🏾 Un procès politique: une affaire qui implique le chef de l’opposition a tout à fait des relents politiques, c’est naturel, même si cela n’était pas le cas. En plus de l’enquête qui révèle un responsable de la mouvance présidentielle, Sonko accuse directement le Président, son ministre de l’intérieur et le procureur qui est sous la tutelle du ministre de la justice, faudrait-il le rappeler.

Alors, d’abord la mouvance présidentielle adopte un silence assourdissant, pour ne pas dire un silence coupable. Ensuite, à la sortie des PV d’audition, les faucons du Palais sortent de leurs « réserves » (Yakham et Latif) pour nous servir un verbiage désopilant à la limite. Après, sachant que le procès populaire était perdue, c’est la ruée vers les réseaux sociaux avec les « faux profils » et la photo du leader en profil.

Cette stratégie est tout simplement nulle et montre à suffisance que cette affaire est loin de vous laisser indifférents, son échec vous secoue au plus profond, comme l’atteste la sortie malencontreuse du Président sur les ondes de la RFI, qui par lapsus avoue le complot. Maintenant, pour couronner le tout, on a l’Assemblée Nationale pour acter cette manœuvre avec la levée de l’immunité parlementaire de Sonko, toujours dans la précipitation comme dans l’affaire Khalifa Sall, jusqu’à statuer sur une affaire où le réquisitoire du procureur vise X.

Ce n’est pas étonnant pour cette même assemblée qui a levé l’immunité parlementaire de quelqu’un qui était déjà en prison. Une bande de farceurs! C’est dommage que sous Moustapha Niasse, on aura enregistré le record de levées d’immunité parlementaire. Le vieux ne devrait pas se sentir bien dans sa peau, à son âge, Ndeyssan.

Je n’éprouve que du mépris pour lui. Alors, dire ou penser que cette affaire n’est pas politique et qu’il n’y a pas de complot, c’est ne pas être en mesure de voir plus loin que le bout de son nez ou être partisan. Ce n’est pas parce que le complot est mal ficelé que l’on vous croirait, oh que non, cela est votre empreinte, tout est mal ficelé chez vous, comme le projet du TER qui tarde à bouger. Vos empreintes d’amateurs apparaissent encore sur cette affaire.

👉🏾Sachant que la thèse du viol s’est effritée de toutes parts, maintenant place au procès moral qui se résume à « il n’aurait pas dû y aller ». Et malheureusement, des gens comme moi, qui fréquentent des milieux moins catholiques, sont ceux qui portent ce jugement. Sans tenir compte des circonstances atténuantes qui peuvent justifier cela. Quelqu’un qui a frappé à toutes les portes pour soigner sa pathologie, pourrait bien se retrouver là-bas. Oui au Sweet Beauté Spa, un institut agréé par l’Etat. Heureusement que Sonko a eu l’intelligence et la vigilance de voir si le lieu avait bien les papiers qu’il faut pour exercer dans le massage. Alors, qui d’entre nous, va dans une clinique pour demander au médecin s’il a un agrément, son diplôme et les qualifications de son personnel soignant. Comme ceux qui se sont rendus à la clinique du faux Docteur Samba, ce membre de l’APR.

Soyons sérieux et arrêtons cet argument bidon, ce n’est pas parce qu’il fait de la politique qu’il doit arrêter de vivre, juste parce qu’il peut être piégé. Cela voudrait simplement dire que nos politiciens sont des monstres qui n’ont aucun humanisme et aucune morale. Et si ne pas être de cette race c’est de la naïveté ou de l’immaturité politique, alors vivement que ces naïfs et immatures prennent le pouvoir au plus vite afin de redéfinir la politique, ou juste lui donner son sens étymologique. En tout état de cause, dans cette affaire, à la base, c’est Adji Sarr qui accuse Sonko de viol; alors, ce n’est pas parce que cet argument ne tient plus que vous allez vous réfugier derrière ce procès moral, pour trouver un échappatoire. Soyons sérieux!

En somme, cette affaire nous aura montré trois types de sénégalais: ceux qui sont contre l’injustice et qui défendent Sonko face à cette ignominie, ceux qui sont contre lui politiquement et s’en réjouissent, et ceux qui jouent aux équilibristes et qui cachent mal leurs complicités. De tous ceux-là, je préfère ceux qui assument leurs positions.

Continuez à croire que vous êtes dans un État sérieux!

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